Ceci n'est pas un Théobald.
Save a whale, shake a jap.
Mauvais goût ? Heureux si ça choque.
Dix mille morts au Japon. Emotion mondiale. Images en boucle. Compassion télévisuelle. Communion internationale. Et trouille partagée en millisieverts.
Et alors, bordel ? Quand arrêtera-t-on de nous dire de quoi nous devons nous émouvoir ?
Quand arrêtera-t-on d'utiliser les morts inévitables pour planquer les évitables ?
En Afrique, dix mille, c'est le nombre de gosses qui crèvent en deux jours du seul fait de la faim. Dix mille morts. Evitables. Tous les deux jours.
En Afrique, dix mille, c'est le nombre de types qui crèvent en deux jours du seul fait du sida. Dix mille morts. Evitables. Tous les deux jours.
Et la liste est longue et funèbre et immonde comme notre regard détourné. Car pour ceux-là qui crèvent tous les jours, pas la moindre image, pas le moindre article, pas le moindre reportage.
Alors pardon ; je me mettrai à pleurer devant ma télé quand elle commencera à nous montrer ceux qui crèvent sans qu'on les regarde.
Le mauvais goût, oui, a du mal à passer au fond de ma gorge.