Samedi 11 février 2012 6 11 /02 /Fév /2012 20:10

 

Navires-poumons.jpg

 

Il entrechoque ses crins dans l'enclos en respirant l'orage.

Quand la barrière est ouverte il ne sort pas tout de suite, comme faisant le tour. Saluer ce qui va mourir.

 

Dehors il trotte comme il pleut les étés ; il parcourt sans voir il conquiert sans occuper - il raye son débourrage et respire les forêts par leurs artères.

 

Deux navires en poumons, il aspire le ciel. Il reflète la terre.

Il fracasse ses fers en tremblant les montagnes. S'évanouissent en sueurs cinq mille ans de domestication.

 

Il galope comme la vie devant la coulée de lave galope de rage de feu galope de prières maudites galope de tout son sang et de fièvres mélopées galope comme Zeus aime Séléné. Il galope à brûler, il galope trop et toujours trop loin et toujours trop longtemps car rien n'est avant au-delà.

 

Souffle le vent qui naît tempête, le vertige enfante un abîme les ciels tombent comme tombe la selle comme tombe le mors.

 

Il est soulevé par la propre main de Dieu et c'est l'histoire d'un cheval qui se regarde s'éloigner.

Par Théobald - Publié dans : Nuptiorama
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