Mardi 17 janvier 2012 2 17 /01 /Jan /2012 20:35

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C'est l'histoire d'un type qui m'a fait quelques coups de pute. Qui m'a déçu. Parfois pire que trahi, quand il se trahissait lui-même.

 

Un type avec qui on s'est bien foutus sur la gueule. Il y a quelques semaines encore, à en pétrifier tout l'étage. Un type avec qui on a pas fini de se mettre sur la gueule.

 

Un type qui m'a encore refait le coup tout-à-l'heure, à passer un coup de fil direct au type qu'il faut, pour sauver un autre type, pour raconter qu'il le connaît bien, qu'il a même bossé avec, pour sauver un type qu'il n'a jamais vu et dont je venais juste de lui évoquer le nom.

 

Un type que j'ai vu monter au feu, fulgurant face aux risques pour de vrai, pour défendre les siens, ses siens ; nous.

 

Un type qui veut, qui veut terriblement, qui veut que nous ayions plaisir ; qui veut que les terres soient labourées.

 

Un type qui vient déposer des gros mots et des blagues de salle de garde comme des bombes dans nos cliniques du pognon.

 

Un fou brûlant, un type craignant Dieu qui danse superbement quand sifflent les balles.

 

Un type qui dit "Ta gueule !" et qui sait vouvoyer.

 

Un type qui se mortifie se flagelle se flingue sans fin de décider qu'il ne sera jamais à la hauteur, une hauteur presque aussi vertigineuse que sa souffrance de grand malade d'homme ; un irrésolu à n'être qu'aimé.

 

Un type qui nous a irradié de sa pêche toute la journée, et que ce soir j'ai furtivement vu fermer la porte en chancelant, les dents serrées, la fatigue des crucifiés comme le manteau sur ses épaules.

 

Un filament.

 

 

 

Que je suis putain fier d'aimer.

Par Théobald - Publié dans : Egoreflets
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Mercredi 21 décembre 2011 3 21 /12 /Déc /2011 23:19

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Au XIXème siècle, la violence était entendue, séculaire, descendante, des seigneurs aux petits, des possédants aux possédés.

 

Au XXème, le paroxysme des camps et des goulags ; puis la régulation par le CNR, le rééquilibrage.

 

XXIème. Individualisation/Mondialisation/Privatisation/Transvaluation. Le système individualise la responsabilité de la violence aux autres. Nous sous-traite, à chacun de nous, en chacun de nous, la violence à infliger à nos autres. Nous intériorise ce qu'il faut faire. Nous fait endosser la responsabilité de la bonne marche et la faute des lenteurs qui ne servent pas le système. Il n'y a plus de grand méchant, juste des trucs à faire. Et quand je refuse que ce sida là passe par moi, quand je refuse de demander à des partenaires de bosser comme des fous, quand je refuse de mettre la pression à mes collègues, quand je refuse de remplir les cases des tableaux Excel, je me sens homme, je me sens seul.

 

Que le système global fonctionne, fût-ce parce que l'homme est l'animal qui s'adapte à tout, même à sa mort, et c'est que la méthode est bonne.

Par Théobald - Publié dans : Géopolicirque
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Mardi 29 novembre 2011 2 29 /11 /Nov /2011 19:28

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Et si ?

 

Et s'il était question des réponses que nous trouvons sur les chemins et des heures auxquelles nous les portons vers nos autres ;

 

si la multitude des possibilités, des vérités entendues et des âges qui les reçoivent, formait le refus du néant ;

 

si la complexité qui grandit là, au creux de nos bras, était l'échappée aux déterminismes, et que nous l'ayions nommée Dieu, comme la part qu'arrache l'Homme aux certitudes de la catastrophe ?

 

Par Théobald - Publié dans : Priviloyages
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Jeudi 20 octobre 2011 4 20 /10 /Oct /2011 22:35

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Lu sur le cahier à l'entrée.

"Que Dieu vienne en aide à ma mère pour qu'elle ne pleure plus tous les jours. Anne (10 ans)".

 

Par Théobald - Publié dans : Nuptiorama
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Samedi 1 octobre 2011 6 01 /10 /Oct /2011 15:10

 

Volt-Aire.jpg

 

 

 

"Plus les hommes seront éclairés, plus ils seront libres".

 

Volt Aire

ou Watt James ?

Par Théobald - Publié dans : Insoliterne
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Dimanche 28 août 2011 7 28 /08 /Août /2011 23:12

Et menthe

 

 

 

Revenir, harnaché de framboises et de rires aux étoiles, de concerts de silence et de tauromachies mauves ; d'éclaboussures bien résumées au pied des maisons que l'on construit.

 

L'impression d'un Don Quichotte ayant combattu bien des horloges et revenu avec votre montre.

 

 

Par Théobald - Publié dans : Egoreflets
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Mercredi 27 juillet 2011 3 27 /07 /Juil /2011 22:12

Hubleu

 

 

Le problème avec M. Michel Vaujour, c'est qu'on ne peut pas le citer.

 

27 ans de prison, 3 ans de cavale, 5 évasions, 1 balle dans la tête, 17 ans d'isolement.

 

Le problème avec M. Michel Vaujour, c'est qu'on ne peut pas le citer, ce serait chercher à résumer. Il y a là un menhir au bord duquel, quand on colle l'oreille, on entend la putain de nom de Zeus de dignité de l'Homme.

 

 

 

P.S. : http://www.allocine.fr/film/anecdote_gen_cfilm=142077.html

Par Théobald - Publié dans : Mémovasion
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Lundi 6 juin 2011 1 06 /06 /Juin /2011 22:23

[Il arrive de temps en temps des heures où l'on écrit sans projeter de faire lire, où l'on écrit du même réflexe que de respirer. Les années s'entassent sur les mots que la poussière cautérise. Un jour l'envie prend d'ouvrir les coffres anciens pour y faire entrer quelques rais de lumière. Marcher dans nos vieux mots.]

 

 

Moleskine

 

 

 

Rendez-vous sous le stuc du café grand siècle. Elle entre pour une fois avec quelques instants de retard. Elle n'a que quelques minutes, mais elle en offrira deux fois plus. Cette entrevue en coup de vent, entre deux voies rapides, l'embarrasse ; et elle le lui dit.

Il lui sourit et ne lui dit pas que c'est peut-être aussi bien. Vingt-cinq minutes, amplement suffisant pour mourir un peu. Plusieurs mois qu'il parle de partir et c'est demain.

Ils parlent. Sabre au clair, pour faire briller les yeux de l'autre. Des charges magnifiques parce qu'on s'échine à ne pas les peindre de la couleur des dernières.

Avec une nonchalance qui le surprend lui-même, il sort le moleskine de sa poche de veste. Celui qu'elle fut la seule à voir à l'appartement. Avec une sérénité ostentatoire il déflore le cellophane et le déballe sans manière. Ils parlent. De sa future coiffure, de leurs bras "spéciaux", de ce qu'elle ne veut rien commander à la vieille serveuse, qui insiste et qui finira par lui amener, en douce, une douceur chocolatée, pendant qu'il va chercher son stylo de vieux snob dans sa poche revolver.

Elle a laissé ses cheveux libres aujourd'hui et c'est comme ça qu'il la préfère. Il ouvre à la première page et arme son stylo en arrachant lentement le capuchon. Il se surprend à parvenir à dire des choses importantes, ou précises ; il s'appuie sur son sourire comme sur des béquilles. Comme toujours il s'étonne en silence du nombre de pas marchés ensemble.

De la main gauche il ouvre à la première page en plaquant le carnet sur la table.
- Tu l'as pris sans lignes ?

Il lui répond en improvisant, parce qu'il improvise toujours quand il n'écrit pas, le bossu de l'âme qui se sait si malhabile des autres, il lui dit qu'il se plaît à l'imaginer libérée et transie sans ses lignes droites. Il écrit à l'encre noire en haut de la première page.

Ils parlent et l'important est moins parler que voir les lèvres accomplir l'exercice de la corde tendue au-dessus du vide. Il achève une simple phrase sur le papier ivoire. Faire comme si de rien n'était, faire de ne rien faire, planquer les montagnes derrière les petites villes. Il ajoute deux mots sous la première ligne, comme un nom.

Elle songe à la tauromachie des heureux hasards tardifs, à l'anodin qui met à mort la bête. Il referme le carnet et dans le même geste le fait glisser vers elle sur la table, comme le poussant sur une terre qui ne sera pas cultivée. Elle le prend et le dépose dans son sac à main, comme au ballet des danses convenues dans les silences des yeux. Elle ne dira pas merci parce qu'il doit être écrit quelque part qu'il n'y a rien à dire.

Il finit de boire son darjeeling qu'il a choisi pour la soyeuseté du nom, en prenant soin de l'engueuler parce qu'il se retrouve à boire seul. Elle lui sourit richement et il se souviendra que c'est elle qui lui a fait reproche.

Ils parlent mais les présences sont maintenant assez déployées pour qu'ils s'abandonnent à se taire. Juste un peu, juste ici et là, avec des paroles juste comme les rayons qui percent les nuages pour balayer la terre d'une caresse.

Lorsqu'ils se lèvent il se réjouit intérieurement de ce que l'addition lui permette de régler sans attendre. Il la suit, puis la précède avec un soin vif pour ne pas rater de lui ouvrir la porte.

Et puis ; comme toujours pour se séparer ils ne s'embrassent ni ne se touchent.








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"c'est la moitié de croire.
Victor Hugo."


Par Théobald - Publié dans : Egoreflets
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Lundi 2 mai 2011 1 02 /05 /Mai /2011 21:02

Quête de ciel



Il a développé le tourisme de façon spectaculaire dans des pays jusque-là peu prisés des agences de voyages, sachant attirer tout aussi bien les jeunes des banlieues européennes que les moins jeunes du fond du Texas.
 

Il a créé des dizaines de millions d'emplois, d'abord dans le BTP dans les grandes métropoles, ensuite plus largement dans le monde de la sécurité, des aéroports aux moindres fnac en passant par nos préfectures.

 

Il a milité pour l'insertion professionnelle des analphabètes, s'impliquant personnellement pour propulser la carrière de quelques privilégiés, jusqu'à les faire élire.

 

 

 

Il se mettait peu en avant, voire était d'une discrétion maladive, jusqu'à se contenter de seulement cinq mille victimes en dix ans, ce qui est effectivement un score assez gagne-petit correspondant à peine au nombre de gosses que nous laissons crever en Afrique en un seul jour.

 

Permettez que je lui rende hommage à juste hauteur, et que je chie dans le cou de tous ceux qui se trémoussent aujourd'hui de la mort d'un type en agitant des petits drapeaux.

 

 

 

Et nos gosses de chercher un ciel sans armes jusqu'en Angola.

Par Théobald - Publié dans : Géopolicirque
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Samedi 9 avril 2011 6 09 /04 /Avr /2011 13:56

Rampe brulante

 

 

Monsieur le Préfet,

 

je m'empresse de solliciter votre attention sur le numéro d'identification que vos services entendent attribuer à mon véhicule : BE 069 SE.

 

Considérant la respectabilité civique que je vise jour après jour, au prix d'une introversion et d'une pusillanimité toujours renouvelées, je ne sais comment accueillir cette mention plutôt explicite au fronton de mes déplacements quotidiens. L'usage de majuscules éteignant celui des accents, je ne parviens à savoir si je BESE ou bien si je suis BESE. La seule certitude est dans les chiffres, qui ne laissent aucun doute sur la manière ; et si celle-ci est fort aimable et mutualiste, je n'en souhaiterais pas moins la réserver à plus de discrétion.

 

Ce constat, je le pose, Monsieur le Préfet, sous votre arbitrage tutélaire, ainsi que mon voeu de ne pas contrarier le code pénal au chapitre des troubles à l'ordre public. Car cet affichage pour le moins fallacieux, s'il peut convenir aux transports amoureux, présage de dommageables malentendus pour ceux qui relèvent encore de la voie publique.

 

Je vous prie donc, Monsieur le Préfet, de bien vouloir interposer votre sage autorité pour empêcher que mon véhicule ne devienne l'étendard des trivialités qui assaillent notre belle République, sa dignité des choses de l'amour et sa gloire orthographique depuis la mort de M. Louis-Nicolas Bescherelle.

 

 

Je vous prie d'agréer, Monsieur le Préfet, l'expression de mes sentiments, quoiqu'émoustillés, les plus respectueux.

 

 

 

 

 

 

Théobald Dromard


Par Théobald - Publié dans : Insoliterne
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